LE MARRONNIER D'ODILE MASSON
 BIOGRAPHE 

L’Olympic, le Titanic et le Britannic.

 

 

De l’extraordinaire au tragique, le destin des trois «bateaux-jumeaux ».

 

 

 

Le paquebot Olympic, construit à Belfast à partir de 1908, a été mis en service le 14 juin 1911. Lors de cette traversée inaugurale entre Southampton et New York, en 5 jours, 16 heures et 42 minutes, son commandant était Edward Smith.

 

L’Olympic, surnommé le « Vieux fidèle » aura une belle carrière commerciale, interrompue juste pendant la guerre où il transportera des troupes, notamment entre le Canada et l’Angleterre. Après sa dernière traversée, le 5 avril 1935, il sera démantelé.

 

Cependant, plusieurs collisions ternissent ce tableau un peu trop parfait.

 

Le 20 septembre 1911,  lors du départ de Southampton pour sa 5ème traversée, il est heurté par le croiseur britannique Hms Hawke, aspiré par la grande quantité d’eau déplacée par l’Olympic.

Le croiseur se retrouva sans sa proue et l’Olympic avec un trou dans la coque, heureusement au-dessus de la ligne de flottaison. Deux compartiments étanches et les machines tribord et centrale sont endommagés. La brèche est colmatée avec des planches afin d’atteindre Belfast pour des réparations en cale sèche. Les travaux sont terminés le 30 novembre 1911.

Il est à noter que les ouvriers qui travaillaient sur le Titanic ont été transférés sur l’Olympic pour effectuer ces fameuses réparations !

 

Le 24 février 1912, l’Olympic perd une pâle d’hélice. Rebelote, retour à Belfast.

Après les hommes, ce sont les pièces prévues pour le Titanic qui sont réquisitionnées pour que notre paquebot reprenne plus rapidement la mer !

 

Le départ du Titanic prévu le 20 mars est ainsi décalé au 10 avril 1912.

 

L’hiver 1912 avait été doux et le printemps précoce. La fonte des glaces de la banquise arctique était en avance sur le calendrier habituel. Des icebergs poussés vers le sud par le courant froid du Labrador dérivaient vers les eaux chaudes du Gulf Stream et croisaient la route transatlantique reliant New York à l’Europe occidentale. C’était le cas chaque année, mais en 1912, ces énormes blocs de glace étaient présents bien plus tôt !

Un départ le 20 mars aurait-il pu éviter la catastrophe ? Etait-elle écrite quelle que soit la date choisie ? Mystère !

 

Revenons au tristement célèbre Titanic, construit à Belfast à partir de 1909 et mis en service le 10 avril 1912. Lors de cette traversée inaugurale entre Southampton et New York, son commandant était donc l’ancien commandant de l’Olympic, Edward Smith. L’arrivée était prévue dans la matinée du 17 avril à New York.

 

Dans la nuit du 14 au 15 avril, au large de Terre Neuve, l’ « insubmersible », 269 mètres de long, 28 de large et 56 de haut, pour un poids de 46 000 tonnes, croisa la route d’un iceberg et coula en moins de 3 heures. Près de 1500 morts.

Son épave a été retrouvée le 1er septembre 1985 à 3821 mètres de profondeur à quelques kilomètres du naufrage. Très détérioré, le bateau se désagrège et, d’après les scientifiques, il aura totalement disparu d’ici 2050 !

 

Tout a été dit ou presque sur le Titanic, complot, incendie, prédictions, réécriture de l’histoire réelle ! Plus d’un siècle après cette tragédie, elle hante encore nos mémoires et notre imagination, car la réalité et la fiction se confondent.

 

Le 22 mars 1886, un journaliste d’investigation, William Thomas Stead publie une nouvelle racontant un naufrage dans l’Atlantique, une collision avec un autre bateau à cause du brouillard. Le héros, qui survivra, dénonce un manque crucial de canots de sauvetage ! La vie étant ainsi faite, ce journaliste en 1912 voyage en première classe sur le Titanic. Il sera l’une des 1500 victimes !!

 

En 1898, Morgan Robertson écrit un roman, le « Naufrage du Titan ». Ce paquebot sombre dans l’Atlantique en avril après avoir heurté un iceberg, malgré des compartiments étanches. Il y a plus de 1500 morts et là encore, pas assez de canots de sauvetage !!

 

Fiction, réalité, réalité, fiction, une seule certitude, environ 1500 morts et 710 survivants !

La dernière survivante, Elizabeth Gladys Dean, est décédée le 31 mai 2009.

 

Un nouveau Titanic sort de terre en Chine en 2021 !  En effet un parc à thème consacré au paquebot doit être inauguré à la fin de cette année à Suining, au pays du poivre, dans la province du Sichuan. Il faut de tout pour faire un monde !

 

Evoquons maintenant le Britannic.

 

La construction du Britannic,  3ème bateau de la série, commence en 1911 toujours à Belfast. Des modifications importantes ont été apportées. Il est conçu pour être plus sûr.

 

Il ne fera jamais de transport de passagers. Réquisitionné, il est transformé en navire-hôpital avant même d’être achevé. Il a été mis en service le 23 décembre 1915, effectuant des traversées entre l’Angleterre et les Dardanelles.

 

Le 21 novembre 1916, lors de sa 6ème traversée, il croisa la route d’une mine et coula en moins d’ 1 heure dans la mer Egée. Très peu de morts heureusement. Son épave a été retrouvée le 3 décembre 1975 par Jacques-Yves Cousteau.

 

Deux membres d’équipage, Violet Jessop et Arthur John Priest, sortis miraculeusement vivants des deux naufrages, ont navigué sur les trois paquebots de la classe Olympic de la compagnie White Star Line. Leurs témoignages poignants ainsi que ceux des autres survivants nous ont aidés à mieux comprendre les circonstances, les faits et les fautes.

 

Avons-nous vraiment appris de nos erreurs depuis 1912 ? C’est une autre histoire ! Comme le prouve beaucoup d’autres naufrages comme, par exemple, celui du navire Le Mont-Blanc, le 6 décembre 1917, qui explosa dans le port d’Halifax, 2000 morts, celui du ferry philippin Le Dona Paz, le 20 décembre 1987, suite à un incendie, 4375 morts ou bien le  Joola, le «Titanic sénégalais », au large de la Gambie, le 26 septembre 2002, 2000 morts.

 

Que tous reposent en paix.

 

Odile Masson